Quelques élèves étaient, comme moi, assis à ne rien faire et ne parlaient à personne. Un couple s’embrassait, mais cela paraissait irréel, sans passion ; l’explication était sans doute qu’ils avaient encore des corps d’enfants et que les enfants ne se tenaient pas aussi serrés les uns contre les autres. Je tournai la tête vers les grandes fenêtres et fus éblouie par le Soleil. Je ne voyais que du blanc.
Et tout à coup, j’assistai à la descente d’un ange sur Terre. Un homme sortit de la lumière, le corps tout auréolé de blanc, la démarche gracieuse et souple. Je me demandai d’où venait la brise qui agitait ses cheveux, avant de comprendre que c’était parce qu’il marchait rapidement.
Cela paraissait cliché, mais le temps sembla se figer. Le décor autour de moi se brouilla, il ne restait plus que cette apparition divine qui semblait voler plutôt que marcher.
Lorsque l’ange passa près de moi, l’auréole de lumière s’estompa et je vis ses yeux bleus, pâles comme ceux que je n’aimais pas habituellement, s’attarder sur les miens. Mon cœur eut un raté avant de recommencer à battre à un rythme effrené. À ce moment là, Mikhaël Donnelly était à des kilomètres de mon esprit.
Qui poussa un gémissement lorsque l’ange me lança un sourire avant de poursuivre sa route ? Moi, évidemment. Je le suivis du regard et souris bêtement lorsque, comme moi, il s’assit par terre et se mit à griffonner dans son agenda. Tout cela à quelques mètres de l’endroit où je me trouvais.
Je détournai mon regard de lui et me concentrai de nouveau (Si je l’avais déjà été) sur ma feuille. L’envie me prenait soudainement de dessiner des anges, ce que je fis, jetant parfois une coup d’œil à celui que j’avais près de moi, histoire de m’en inspirer légèrement.
Je fis tout cela très sérieusement, pendant que lui remplissait des dizaines de feuilles de mots que je n’arrivais pas à lire. Une passion pour l’écriture ? Qu’importe, ma passion du dessin semblait m’être revenue.
Je me sentais assez idiote. Pourquoi avais-je soudainement l’impression que cet homme était le centre de mon univers ? Je n’avais aucune idée de qui il était. J’aurais dû m’en ficher éperdument. Mais pourtant, je continuais de le fixer, les yeux dans le beurre comme mon chien devant un steak. Et moi, je me sentais toute légère.



