Chapitre Quatre
Le rendez-vous
Mars était arrivé, le mois des dernières grosses tempêtes et des examens de mi-année. Ceux-ci débuteraient dans une semaine et je passais tout mon temps libre à l’école à étudier, chose que j’aurais dû commencer à faire un peu avant – je commençais vaguement à paniquer en m’apercevant que je comprenais rien ni en sciences, ni en mathématiques. Quant à mon temps libre à la maison, je n’en avais aucun ; je passais mes soirées à dormir, ayant pris l’habitude de manger rapidement en arrivant chez moi puis de tout de suite aller me coucher dans mon lit. Même en essayant, j’aurais eu de la difficulté à rester réveillée jusqu’à sept heures du soir, et j’ignorais pourquoi.
J’étudiais donc tous les midis à la cafétéria, et Mikhaël avait pris l’habitude de venir me voir une fois de temps en temps. J’avais par contre remarqué que lorsqu’il ne venait pas me voir, il était toujours à proximité. Je m’étais demandé si c’était un fruit du hasard que j’avais remarqué uniquement parce que je regardais toujours autour de moi si je le voyais. Quoiqu’il en soit, je doutais finalement qu’il me parle uniquement dans le but de se rapprocher de ma sœur. Je ne les avais jamais vus ensemble, et il n’était pas du genre timide. J’aurais même osé dire que nous commencions à passer beaucoup de temps ensemble, ce qui n’était pas pour me déplaire.
Il alla même, une jour de la mi-mars, jusqu’à venir me rejoindre à la fin de mon cours. J’en restai bouche bée.
-Comment as-tu su dans quel cours j’étais ? lui demandai-je, les yeux ronds sous la surprise qu’était le fait de marcher à ses côtés, sous le regard de tous les élèves de l’école.
Il fit le réflexe que j’avais remarqué qu’il avait lorsqu’il était nerveux – ce qui n’arrivait pas tellement souvent –, soit de tordre un peu sa bouche en regardant ailleurs.
-Disons que je t’ai… aperçue alors que je passais devant ton local ? dit-il en terminant sa phrase comme s’il s’agissait d’une question.
-J’en serais pas mal étonnée, tu attendais devant la porte quand je suis sortie, lançai-je en riant doucement.
-Ça n’empêche absolument pas que je t’ai vue.



