Cette dernière phrase me mit encore un peu plus mal à l’aise. On me la sortait souvent – non, quand même, seize ans, j’avais du mal à croire moi-même que j’étais aussi jeune –, mais le fait que ce fut lui qui me le dise était étrange. D’autant plus qu’il l’avait dit comme si nous nous parlions souvent et qu’il était surpris d’apprendre mon âge. C’était assez déroutant – surtout que je n’étais même pas en troisième secondaire.
-En fait, je suis en quatrième et j’ai seize ans. J’ai emménagé ici cette année, répondis-je en reprenant un peu d’assurance.
Il se remit à regarder les photos et je me dis que, nul doute possible, cette fois-ci j’avais dû paraître très brusque. Je me remis à contempler le bleu de mes souliers et il s’esclaffa à nouveau quelques secondes plus tard. Oui, oui, Bobby Côté restait toujours aussi hilarant, peu importe le nombre de fois qu’on le regardât dans une journée.
-Viens voir celle-là, me lança-t-il – pas Bobby, Mikhaël.
M…m’approcher de lui ? Voilà qui était une très mauvaise idée. Mais j’obéis tout de même.
Le mètre qui nous séparait lorsque j’étais adossée à la fenêtre me semblait déjà être un très mince espace entre nous, et c’est pour cette raison que je restai à trente bon centimètres de lui lorsque je m’avançai pour voir la photo – que je ne pus même pas voir, en réalité, de l’angle où je me trouvais.
-Tu l’avais déjà vue ? me demanda-t-il devant mon manque de réaction.
-La photo ?
-Oui.
Voilà qui me plaçait dans une situation embêtante, puisqu’en ce moment même, je ne voyais que le Soleil refléter sur le plastique protégeant ces pauvres diplômés, cibles des rires de tous.
-Hmmm…



