Il me sembla que ce fut dix minutes plus tard que nous atteignîmes la porte, au moment où la cloche sonnait de nouveau. J’étais officiellement en retard à mon cours d’anglais. Cela ne semblait par contre nullement angoisser Mikhaël, qui me tint une nouvelle fois la porte. Toute rouge, je passai à quelques centimètres de lui et poursuivis mon chemin.
-On ne dit pas merci ?
Cette fois-ci, je m’arrêtai, seulement pour m’assurer que c’était bien lui qui avait parlé. Il s’était approché et son beau visage rieur se trouvait à trente centimètres du mien. Aussi bête que cela puisse paraître, ce devait être la première fois de ma vie que je me retrouvais à une si courte distance d’un garçon. C’était apparemment la journée des premières.
Je tentai vainement de ne pas le fixer comme s’il était une bête de cirque, mais c’était peine perdue d’avance. Quelques secondes s’étaient écoulées seulement, mais j’avais conscience que c’était déjà trop pour répondre à une simple question.
-M…merci, balbutiai-je comme la parfaite idiote que j’étais.
Ses lèvres s’étirèrent en un léger sourire en coin, cependant qu’il se remettait à marcher. Quant à moi, je me remis à respirer et l’odeur de son parfum me chatouilla agréablement les narines. Il marcha jusqu’à son local, s’arrêta devant et frappa à la porte. Je passai à côté de lui en ne lui lançant qu’un minuscule regard – lui ne me regarda pas du tout, remarquai-je avec un petit pincement au cœur.
Je continuai mon chemin jusqu’à mon propre local, frappai à la porte. Lorsque mon professeur m’ouvrit, je jetai un dernier coup d’œil vers Michaël. Apparemment, son professeur à lui refusait de le laisser entrer. Je passai alors la porte, et, me retournant une dernière fois, vis mon homme parfait me sourire.



